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Germivoire 12/2020 du 30 juin 2020

Editorial « Et c’est reparti pour une autre moisson ! Dans le jardin ivoire, l’on ne cesse de faire germer des céréales variées ! » C’est ainsi que l’on serait tenté de s’écrier à la vue du répertoire impressionnant de semeurs ayant œuvré dans cet autre numéro de Germivoire, ce paysage virtuel de production resté toujours arable nonobstant la sécheresse également digitale qu’a occasionnée le virus à couronnes dans l’interface internationale. Il faut croire que la ferveur et la détermination, qui ont toujours caractérisé ces producteurs diligents d’ici et d’ailleurs, l’ont emporté sur l’atrophie et la procrastination intellectuelles que le petit virus croyait pouvoir distiller comme opium dans l’esprit des cultivateurs avertis de l’ivoire jardin. La scène est saisissante. C’est la saison des pluies. La période est favorable, la terre est cultivable. Il faut bêcher pour semer afin d’assurer une récolte agréable ! Les velléitaires endurcis ont eux-mêmes fait place aux prestataires hardis. On voit ces derniers à l’œuvre. À l’entrée du jardin, trois ouvriers germanistes agissent avec dextérité : ils donnent respectivement des coups culturel, littéraire et historique de bêche comme pour inaugurer la campagne de semence. Et voilà que leurs collègues communicateurs s’invitent au travail, non sans avoir pris le soin d’en faire une magistrale diffusion. Celle-ci aura atteint un public finalement éclectique : le jardin est aussitôt envahi par des laboureurs hispanistes, géographes, qu’accompagne, sans complexe, un historien – on aurait dit pour servir de témoin et de rapporteur des faits –, littéraires, linguistes et une éminente vague de céréaliers philosophe, psychologue et sociologues. Chacun, selon sa méthode et ses outils propres de production, façonne le matériau commun pour proposer, in fine, un produit personnalisé, spécialisé. Le jardin ne manquera donc pas de céréales variées ! C’est dire que Germivoire, ce jardin où germe l’ivoire matière première, n’aura assurément rien perdu de sa spécificité. Son idiosyncrasie demeure l’humanité. Sa magnanimité, qu’illustre son ouverture au monde, lui attire chaque semestre, tel un lieu touristique, des visiteurs d’horizons intellectuels et culturels divers. Certes, divers par la forme, mais convergents dans le fond. Ces jardiniers-opérateurs n’ont-ils pas en commun les substrats même de l’humanité ? Ou, mieux, des Humanités ? Que ces substrats s’appellent « langues », « lettres », « sciences humaines » ou « sciences sociales », cela ne change rien à l’affaire ! Ils restent, par essence, un faisceau prouvant la nature multiforme voire transdisciplinaire de Germivoire. On comprendra alors pourquoi chacune des productions est habitée du souffle unitaire et inaltérable du couple opératoire demens-sapiens, seule dyade apte à saisir dans sa totalité la réalité nouménale ou phénoménale par un discours à la fois sentant et pensant, intuitif et discursif, subjectif et objectif. Tout le mérite revient donc à ces contributeurs « humanistes » que la rédaction de Germivoire remercie et à qui elle assure une fructueuse récolte par le biais de ses lecteurs. Dr BOUA Alphonse Université Félix Houphouët-Boigny, Abidjan

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