Abstract for La réorientation de l’usage des petits barrages pastoraux dans le département de Ferkessédougou (Nord de la Côte d’Ivoire): une combinaison de facteurs favorables dans un contexte de crise

Résumé: Les violentes sècheresses des débuts des années 1970 et 1980 qu’ont connues les pays sahéliens ont poussé des pasteurs peuls à s’orienter vers le Nord de la Côte d’Ivoire avec leurs troupeaux. Ces arrivées causaient de nombreux dégâts aux cultures des autochtones senoufo provoquant ainsi de nombreux conflits parfois violents entre agriculteurs et éleveurs dans la région. En vue de sédentariser les éleveurs peuls et réduire les conflits, l’Etat ivoirien y édifia plus de 270 petits barrages pastoraux dont 19 dans l’actuel département de Ferkessédougou pour l’abreuvement des bovins. Cet article analyse comment les populations du département de Ferkessédougou ont profité des crises tant bien locales que nationales pour faire de la production maraîchère une spécialisation régionale en réorientant l’usage des petits barrages. Des enquêtes de terrain ont été menées de 2014 à 2016 auprès de 126 maraîchers sur les 19 petits barrages du département de Ferkessédougou. Les résultats de ces enquêtes montrent que de cinq (05) barrages où l’activité agricole était présente en 1997, ce nombre a atteint 17 en 2016. Aussi, 17,65% de ces ouvrages ont leurs pourtours saturés et 54,2% en voie de saturation. Enfin, le développement des ‘’taxi motos’’, facilite le transport et l’écoulement des produits maraîchers favorisant ainsi la multiplication des jardins sur les rives des barrages les plus éloignés. Ces colonisations des points d’eau accentuent à nouveau les conflits non seulement entre maraîchers mais aussi entre les maraîchers et les éleveurs qui abandonnent certains barrages.

Mots clés : Petits barrages pastoraux – Cultures maraîchères de contre saison – Crise – Ferkessédougou