Abstract for « Ta culture est moche » ou la violence verbale dans le récit de voyage

Résumé: La thématique de la migration, transposée dans la littérature ou traitée par elle, pose la problématique de la description : description de la/des culture(s) et des espaces visités. Le migrant ou plus précisément le narrateur-descripteur est toujours influencé, dans son entreprise de narration, par la fascination que suscitent les réalités nouvelles qu’il découvre. Ainsi, que ce soit pour comparer ou pour s’émerveiller, il opère toujours tel un reporter muni d’une caméra qui s’assigne la fastidieuse mission de faire voir, de faire découvrir ce qu’il rencontre aux autres qui sont absents. Il raconte donc l’autre. Cependant, son discours n’est pas toujours neutre. Il est quelques fois empreint de violence verbale comme c’en est le cas de Tanoé Bertin qui raconte à son ami resté au pays, par le biais d’une sorte de missive, le Paris qu’il lui est permis de voir et de comprendre, dans Un Nègre à Paris de Bernard B. Dadié. Dans cette contribution, nous entendons, à l’aune de la théorie de la politesse linguistique de Pénélope Brown et Stephen Levinson, analyser les manifestations énonciatives et discursives de la violence verbale, de même que ses effets de sens dans ce récit de voyage.

Mots clés : Migration – Récit de voyage – Pragmatique – Violence verbale – Théorie de la politesse linguistique